Sur la Vélodyssée : l’Atlantique à vélo, entre aventures, patrimoine et grands espaces
De La Rochelle à Arcachon, six jours de découvertes, d’émotions et de paysages à couper le souffle.
Que diriez-vous de larguer les amarres pour une immersion complète le long de l’océan Atlantique, à la découverte de territoires sauvages, de cités historiques et de plages infinies ? C’est l’aventure que nous avons vécue sur la Vélodyssée, cette célèbre véloroute qui serpente entre dunes, forêts de pins, marais et charmants villages, le tout rythmé par la brise marine et les rencontres inattendues.
Du 12 au 17 septembre, nous avons enfourché nos vélos pour faire la deuxième partie d’itinéraire, de La Rochelle à Arcachon, après avoir effectué la première partie de Pornic à La Rochelle en juin (voir ici ) Chaque étape a révélé son lot de surprises : traversées en bac, patrimoine d’exception, pique-niques face à l’océan, sentiers forestiers et ambiance balnéaire… Suivez-nous pour un carnet de bord vivant et inspirant, entre émerveillements, anecdotes et petits bonheurs sur deux roues.
Jour 1 : De La Rochelle à Rochefort, 72 km entre mer et marais
Arrivés hier en fin d’après-midi à La Rochelle, nous avons profité d’une agréable promenade sur le port avant de savourer un dîner face aux bateaux, bercés par l’ambiance maritime. Après une nuit réparatrice bien méritée, nous reprenons ce matin notre périple à vélo sur la Vélodyssée, dans la continuité de notre échappée belle du mois de juin
Le départ se fait sous un ciel chargé, après avoir attendu que passe une belle averse. Nous longeons l’océan sur une piste cyclable paisible, jusqu’à Châtelaillon-Plage, où les villas Belle-Époque nous accueillent avec leur charme rétro. Un petit détour nous mène entre plages et marais jusqu’à la pointe de Chay, territoire de pêcheries et de fermes ostréicoles où nous rencontrons un groupe de cyclotouristes hollandais. L’un d’eux nous propose de prendre la pause pour une photo après que nous ayons pris une photo du groupe.
Le parcours s’enfonce ensuite dans les terres, sur de petites routes tranquilles serpentant à travers les marais, en parallèle de la Départementale. À Saint-Laurent-de-la-Prée, nous bifurquons sur la Flow Vélo pour rejoindre Fouras, jolie station balnéaire où nous pique-niquons avec une vue imprenable sur le mythique Fort Boyard, qui se dessine au loin dans la brume. Avant de reprendre la route, une visite incontournable du Fort Vauban de Fouras s’impose, belle forteresse des XVᵉ et XVIIᵉ siècles construite à l'emplacement d'un château fort du XIᵉ siècle
De retour sur la Vélodyssée, nous longeons la Charente jusqu’à Rochefort. Avant d’y arriver, nous nous offrons une traversée ludique du fleuve sur le pont transbordeur, dernier ouvrage de ce type en France encore en activité. Sa nacelle relie Rochefort à Échillais d’avril à octobre, dans un ballet suspendu au-dessus de l’eau.
À Rochefort, nous terminons la journée par une photo souvenir avec les célèbres Demoiselles, clin d’œil à l’histoire et à l’élégance de cette ville chargée de patrimoine.
Jour 2 :
De Rochefort à Marennes via Brouage (52 km)
Une belle étape de 52 km sous un ciel mi-soleil mi-nuage, avec un vent parfois capricieux, surtout dans la seconde moitié du parcours. Heureusement, nous avons échappé à la pluie.
Avant de quitter Rochefort et reprendre la route, et après avoir savouré un petit déjeuner gourmand sous le regard des Demoiselles de Rochefort dont les photos décoraient les murs, nous avons visité la majestueuse Corderie Royale, ancienne manufacture de cordage fondée par Louis XIV. Ce joyau architectural, sauvé de la démolition et magnifiquement réhabilité, est aujourd’hui un espace d’exposition classé monument historique. La visite fut passionnante : entre les démonstrations de fabrication des cordages et l’atelier de matelotage, où les nœuds marins révèlent toute la complexité de leur art, on découvre un savoir-faire fascinant. Le parcours est enrichi de vidéos et de présentations interactives qui rendent le tout très vivant.
Après cette immersion dans l’histoire maritime, cap sur Marennes, la cité de l’huître. Nous avons suivi l’itinéraire officiel de la Vélodyssée en remontant le fleuve vers Tonnay-Charente, avec un arrêt photo devant le superbe pont cathédrale qui enjambe la Charente.
À partir de là, une agréable voie verte aménagée sur une ancienne voie ferrée nous a guidés jusqu’à Saint-Agnant. Le chemin, bien ombragé, alterne entre portions roulantes et passages plus rustiques, parfois boueux après les récentes pluies. Anecdote du jour : une glissade évitée de justesse sur un tronçon bien gadouilleux ! Vélo encrassé, arrêt nettoyage obligatoire avant de repartir. Pause pique-nique bien méritée et photo du pigeonnier de l’abbaye de Montierboeuf.
La piste longe ensuite le canal de la Seudre, puis nous avons fait un détour pour visiter la splendide citadelle de Brouage. La route traverse les marais, serpentée de canaux et peuplée de paisibles vaches maraîchines. Une fois sur place, nous avons fait le tour des remparts par le chemin de ronde et visité la halle aux vivres. Faute de temps, nous avons dû renoncer à explorer le bastion royal, la poudrière et la maison de Champlain, fondateur de Québec.
L’arrivée sur Marennes s’est faite par des routes partagées et une passerelle qui enjambe la Départementale très fréquentée. Cette passerelle, haute et étroite, impose de descendre du vélo. L’assistance à la marche pour pousser le vélo m’a été précieuse !
Jour 3 :
De Marennes à Royan (49 km)
"Pluie du matin n’arrête pas le pèlerin." Et ce matin-là, elle n’a pas arrêté les cyclistes non plus. Après un petit déjeuner généreux partagé dans la chaleureuse ambiance des Lauriers Roses, nous avons repris la route vers Royan, le cœur léger malgré le ciel chargé.
Clin d’œil amusant : notre hôte, tout en gentillesse, ressemblait étrangement à Monsieur Parisot, le grincheux attachant du Camping Paradis. Mais ici, aucun grognon à l’horizon — juste des sourires et de la bienveillance.
Sous une fine pluie et un vent soutenu, nous avons choisi la voie de la prudence en évitant le pont de la Seudre. À la place, nous avons embarqué avec nos vélos sur le bateau passeur reliant le port de La Cayenne à Marennes, puis La Tremblade à La Grève. Une traversée paisible, bercée par les embruns.
À Ronce-les-Bains, la vraie aventure commence. Une longue piste cyclable serpente à travers la majestueuse forêt de la Coubre. Pins maritimes, dunes boisées, et ce vent qui ne nous lâche pas — de face, de côté, toujours présent. Nous avons trouvé refuge pour notre pique-nique au pied du phare de la Coubre, véritable sentinelle de 64 mètres. Philippe, infatigable, a gravi ses 300 marches pour admirer la vue sur La Palmyre et la baie de Bonne Anse.
La route se poursuit vers La Palmyre, toujours sur un itinéraire dédié aux vélos. À la sortie, la pinède nous offre un terrain de jeu vallonné, comme des montagnes russes naturelles, avant de retrouver le littoral. Nous longeons ensuite les plages de la Grande Côte, le front de mer élégant de Saint-Palais, et enfin la corniche qui nous mène au port de Royan.
Pas de baignade aujourd’hui — le temps s’y oppose. Mais les arrêts contemplatifs face à l’océan, eux, sont bien au rendez-vous. Une étape riche en paysages, en rencontres, et en souffle marin.
Jour 4
Royan → Soulac → Hourtin (70 km)
Le jour se lève sur Royan, drapé d’un ciel gris et d’une fine bruine. Nous rejoignons le port pour embarquer sur le bac qui nous fera traverser l’estuaire jusqu’à la Pointe de Grave. À peine débarqués à Verdon-sur-Mer, nous entrons en Gironde : le paysage change, plus sauvage, plus boisé.
Une piste cyclable charmante nous guide le long d’une voie ferrée jusqu’à Soulac-sur-Mer. Là, nous faisons halte devant la majestueuse Basilique Notre-Dame-de-la-fin-des-Terres, joyau roman inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les ruelles animées et les villas balnéaires de Soulac nous enveloppent d’un charme rétro, tandis que le ciel s’éclaircit doucement, laissant filtrer un soleil timide qui réchauffe l’air encore chargé d’humidité.
Nous reprenons la route vers Montalivet, sur une ligne droite forestière bordée de pins. À l’arrivée, pause déjeuner sur un banc face à l’océan. Les rouleaux puissants font le bonheur des surfeurs, et le vent salé nous invite à la contemplation.
L’après-midi, nous filons plein sud à travers la forêt domaniale du Flamand, sur une voie verte sécurisée, ponctuée de chicanes coupe-feu qui rompent la monotonie. Avant de rejoindre le bourg d’Hourtin, nous bifurquons vers Hourtin Plage. Changement de décor : la piste devient sinueuse, bosselée, serpentant entre feuillus et chênes. Il faut gravir la dune à pied pour découvrir l’océan, éclatant sous un ciel enfin bleu. Vert, bleu, argent : les couleurs dansent à l’horizon.
Quelques minutes de silence, juste le souffle du vent et le murmure des vagues. Puis nous reprenons les vélos, revenons sur nos pas et poursuivons jusqu’au bourg d’Hourtin, toujours sur cette même piste forestière, entre pins et chênes.
Une étape dominée par la forêt, avec l’odeur résineuse des pins en note de tête, et en fond, ce parfum d’iode qui rappelle que l’océan n’est jamais bien loin. Le roulement des vagues accompagne notre avancée, comme une musique lointaine.
Jour 5
De Hourtin à Lacanau-Océan (59 km)
Le soleil nous accompagne dès les premiers tours de roue, comme une promesse de bonheur sur cette cinquième étape de notre périple. Nous quittons Hourtin en longeant le littoral, bercés par le chant des pins maritimes et le souffle discret de l’océan tout proche. La piste cyclable serpente entre plages immenses et forêts profondes, offrant une parenthèse enchantée entre Hourtin-Plage et Carcan-Plage sur une route forestière paisible.
Sur le chemin, une halte gourmande s’impose : les arbousiers, généreux, nous offrent leurs petits fruits rouges, sucrés et acidulés. Puis, nous quittons un instant La Vélodyssée pour rejoindre la plage de Carcan. Nos chaussures laissent leurs empreintes sur le sable fin tandis que nous contemplons les vagues affrontées par quelques surfeurs débutants, portés par l’énergie de l’océan. L’air reste frais, mais le soleil réchauffe doucement le sable blanc, enveloppant la scène d’une lumière dorée.
Demi-tour ensuite vers Maubuisson, où nous pique-niquons au bord du lac d’Hourtin-Carcan. Le calme du lieu contraste avec l’agitation des vagues, et nous savourons ce moment suspendu. Après le déjeuner, nous reprenons la route vers Lacanau. La piste, parfaitement aménagée, ondule à travers les dunes boisées de pins et de chênes verts. Chaque descente est une ivresse, une petite montagne russe végétale qui nous fait sourire à chaque virage.
Avant d’atteindre Lacanau, nous faisons un dernier détour vers l’étang de Cousseau. Les vélos restent à l’entrée de la réserve naturelle, et nous poursuivons à pied sur le sentier jusqu’au belvédère qui domine l’étang, puis jusqu’à la tour d’observation de l’Esperon. Le silence, la beauté sauvage, les reflets sur l’eau… tout invite à la contemplation. Enfin, les derniers kilomètres nous mènent à Lacanau, le cœur encore imprégné de cette journée riche en sensations, en paysages et en instants précieux
Jour 6 :
de Lacanau-ocean à Arachon (89 km)
Dernière et plus longue étape de notre périple sur la Vélodyssée. Le soleil se lève sur Lacanau, baignant la plage d’une lumière dorée sous un ciel bleu azur. Les surfeurs sont déjà à l’œuvre, glissant sur les vagues avec plus ou moins de grâce. Nous savourons un petit déjeuner face à l’océan, bercés par le bruit des rouleaux, avant de reprendre la route, direction plein sud vers Arcachon.
La piste cyclable serpente entre dunes et forêts, loin du tumulte des voitures. Des surfeurs croisent notre chemin en toute hâte pour rejoindre l’océan, planche sous le bras. Nous traversons les vastes forêts de pins du Porge, puis atteignons le Grand Crohot, porte d’entrée de la péninsule de Lège-Cap-Ferret.
Cap Ferret restera cette fois en marge de notre itinéraire : nous l’avions exploré lors de notre séjour à Arcachon en mars dernier. Plutôt que de prendre le bac pour traverser le bassin, nous choisissons de le contourner à vélo. Une ancienne voie ferrée, reconvertie en une magnifique piste cyclable, nous guide sur une partie du trajet. Les nombreux croisements avec des routes nous obligent à marquer des arrêts fréquents, brisant la monotonie du pédalage.
A la hauteur d’Andernos, nous quittons provisoirement la piste pour voir le petit port ostréicole et trouver une halte pique-nique dans une ambiance paisible et ombragée. Après Biganos, les forêts girondines s’effacent peu à peu, laissant place à un décor plus urbain. Le réseau de pistes cyclables autour du bassin nous mène à travers Le Teich, Gujan-Mestras, La Hume, puis La Teste-de-Buch.
Enfin, nous atteignons Arcachon, point d’arrivée de notre aventure cycliste sur la Vélodyssée. Une belle échappée qui se referme provisoirement, riche en paysages, en rencontres et en émotions.Demain, le train nous ramènera à La Rochelle, mais déjà résonne le désir de filer d’Arcachon vers Hendaye, lors d’une prochaine échappée belle sous le souffle du vent.
Une dernière échappée belle avant de quitter la côte atlantique