Grande boucle bretonne
Un carnet de voyage à vélo entre canaux bretons, ports du Finistère, chemins de halage et lumières océanes.
Infos pratiques
Dates : du 6 au 19 juin 2026
Itinéraire : grande boucle bretonne de Roscoff à Nantes par la Vélodyssée, puis de Brest à Roscoff par la Littorale V45
Distance totale : environ 619 km à vélo
Durée à vélo : 11 jours d’itinérance, avec une parenthèse sans vélo à Brest
Vélodyssée : 393 km en 7 jours — total montées 1 428 m, total descentes 1 340 m
Littorale V45 : 226 km en 4 jours — total montées 919 m, total descentes 937 m
Ambiance : canaux, écluses, voies vertes, ports, phares, abers, villages de pierre et littoral finistérien
Du 6 au 19 juin 2026, nous avons enfourché nos vélos pour une grande boucle bretonne, entre canaux paisibles, chemins de halage, petites routes de campagne et rivages fouettés par les embruns. De Roscoff à Nantes par la Vélodyssée, puis de Brest à Roscoff par la Littorale V45, ce voyage a pris la forme d’un carnet de route sensible, fait de kilomètres, de lumière changeante, de haltes gourmandes, de rencontres avec l’histoire et de ces petits moments suspendus qui donnent tout son prix à l’itinérance. Voici donc le récit, jour après jour, de cette échappée belle à vélo.
Dans ce carnet, je garde volontairement le fil simple du voyage : les paysages qui m’ont touchée, les efforts qui restent dans les jambes, les lieux où l’on s’attarde, et les chiffres utiles pour celles et ceux qui rêveraient de suivre la trace.
À lire comme un carnet de route
Chaque étape raconte à la fois le parcours, les sensations du jour et les petites découvertes qui donnent envie de s’arrêter : une abbaye au bord du canal, un phare dans la lumière, une crêpe après la pluie, un port au bout du monde.
🌅 Avant le départ — Roscoff, souffle marin et impatience douce
Nous arrivons en fin d’après‑midi à Roscoff, perle du Léon et terre des fameux oignons rosés. À peine les bagages déposés à l’hôtel Le Triton, posé entre mer et jardins, je sens déjà ce mélange si particulier d’excitation et de calme qui précède les grands départs.
La promenade dans la ville a le charme des ports anciens :
- maisons d’armateurs finement sculptées,
- venelles tournées vers le large,
- église gothique flamboyant dressée comme un phare de pierre,
- et partout ce parfum d’embruns qui annonce déjà le voyage.
Roscoff, c’est à la fois port, station balnéaire et point de départ mythique de la Vélodyssée. Le regard file vers l’horizon, vers l’île de Batz, posée juste en face comme une promesse de lumière.
Le dîner se savoure dans un restaurant panoramique, avec la mer en toile de fond : choucroute de la mer, généreuse et iodée, puis far breton, moelleux et sucré juste ce qu’il faut. Un repas qui ancre le voyage dans la Bretagne profonde, celle qui nourrit autant qu’elle inspire.
Demain, cap sur la première étape : Roscoff → Morlaix. Les vélos sont prêts, les jambes frétillent, et dans ma tête le voyage a déjà commencé.
🚴♀️ Vélodyssée – Jour 1 : Roscoff → Morlaix (35 km)
Départ au km 0, au pied du phare de Roscoff, face à une mer encore grise mais douce. C’est le vrai premier coup de pédale de l’aventure. L’étape était annoncée à 30 km ; elle en fera finalement 35, déviation oblige. Qu’importe : le vent souffle gentiment, les nuages filtrent la lumière, et la Bretagne déroule son tapis de verts profonds.
Les petites routes serpentent entre les champs de primeurs, avec la baie en panorama jusqu’à Saint‑Pol‑de‑Léon, cité de caractère aux flèches élancées. Après la ville, un crochet s’impose : la chapelle de Borromée et son colombier, posés là comme un secret de campagne.
Pause pique‑nique au bord de la ria du Penzé, eau calme, herbes hautes, silence de marée montante. Puis vient la dernière difficulté : une montée bien raide, avant de plonger vers Saint‑Martin‑des‑Champs par des chemins et sentiers qui sentent la terre humide.
Et soudain, Morlaix apparaît. En ligne de mire : le viaduc majestueux, gardien de pierre qui domine la ville.
Installation à l’hôtel, rapide toilette, puis exploration des venelles pentues, ces escaliers qui grimpent entre les maisons serrées. La venelle des Prêtres mène au premier étage du viaduc : vue imprenable sur le port, les toits, les clochers. En bas, les maisons à pans de bois et les maisons à Pondalez racontent l’histoire de la cité.
La journée s’achève comme il se doit : crêpes et cidre. Premier soir d’itinérance, premières jambes fatiguées, premier grand sourire. Demain, la Vélodyssée continue.
Pentes et dénivelé :
Montées :315m - Descentes :309m Point le plus bas :1m Point le plus élevé : 98m
🚴♀️🌧️ Vélodyssée – Jour 2, Étape 2 : Morlaix → Carhaix (50 km)
La deuxième étape devait être une parenthèse douce : une voie verte posée sur l’ancienne ligne de chemin de fer, un ruban boisé reliant Morlaix à Carhaix. Je l’imaginais calme, ombragée, presque facile. Mais ce matin‑là, c’est la pluie battante qui nous accueille, et elle a décidé de faire partie du voyage.
Dès les premiers kilomètres, le chemin s’est transformé en long tapis détrempé, boueux, glissant. Les capes ruisselaient, les roues projetaient des éclaboussures, et chaque coup de pédale semblait s’enfoncer un peu plus dans la matière du jour. Pourtant, au milieu du ruissellement, il y avait ce chant des oiseaux, clair, mélodieux, presque joyeux, comme une invitation à continuer malgré tout. Une petite musique de courage.
📵 Pas de photos aujourd’hui : le smartphone reste bien au sec, enfoui dans le sac sous la cape. Nous trouvons refuge sous l’abri d’une ancienne gare pour le pique‑nique. Le temps de laisser les capes goutter, de souffler un peu, et surtout de savourer la boisson chaude emportée dans une thermos. Un vrai réconfort dans cette journée mouillée.
La suite du parcours s’est faite plus douce : le terrain moins boueux, la pente légèrement descendante, et peu à peu, la sensation que la pluie perdait de sa ténacité. Jusqu’à ce moment presque magique où elle a cessé, laissant place à un retour timide mais bienvenu du soleil. Les derniers kilomètres vers Carhaix ont alors pris une autre couleur.
Avant d’entrer dans la ville, arrêt obligatoire pour nettoyer un peu les vélos, couverts de terre et d’aventure. Puis, une bonne douche chaude, le bonheur simple de se sentir à nouveau au sec, et enfin une petite balade du soir pour découvrir Carhaix sous un ciel redevenu lumineux.
Ce ne fut pas l’étape la plus confortable, mais elle restera l’une de celles dont on reparle longtemps : celle où l’on avance malgré tout, où l’on rit de nos capes trempées, où chaque rayon de soleil retrouvé ressemble à une petite victoire.
Pentes et dénivelé :
Montées :410m Descentes :295m Point le plus bas :12m Point le plus élevé : 228m
🚴♀️Vélodyssée – Jour 3 : Carhaix → Rostrenen → Mûr‑de‑Bretagne (63 km)
Après la pluie de la veille, cette journée respire mieux. La météo s’adoucit, les nuages jouent à cache‑cache avec les éclaircies, et je retrouve ce plaisir très simple de pédaler sans lutter, dans une Bretagne intérieure où tout semble avancer au rythme lent de l’eau.
🌊 Le canal comme fil conducteur
Depuis Carhaix, la Vélodyssée s’aligne sur le Canal de Nantes à Brest, fidèle compagnon du jour. Les 15 écluses s’enchaînent, chacune comme une petite marche vers l’amont, jusqu’à la tranchée de Glomel, immense entaille boisée creusée autrefois par des bagnards — un lieu qui impose le respect.
Pause douceur : pique‑nique au bord du canal, herbe tendre, soleil revenu, et une petite sieste qui tombe comme une évidence.
🌲 Entre Rostrenen et Gouarec : la Bretagne profonde
La voie verte serpente entre les bois de Rostrenen et Gouarec, dans une alternance de méandres, de reflets et de silence. Arrêt photo devant la Chapelle Notre‑Dame de la Pitié, élégante, posée là depuis le XVIᵉ siècle, toute en pierre de taille.
🕍 Bon Repos : histoire, culture et respiration
À Gouarec, place au chemin de halage. Le canal devient majestueux à l’approche de l’Abbaye de Bon Repos, fondée en 1184, qui surgit comme un décor de film. Halte longue, réparatrice, presque méditative.
À l’intérieur, une exposition captivante sur Hildegarde de Bingen : abbesse, écrivaine, compositrice, visionnaire, et considérée comme la première naturaliste allemande du XIIᵉ siècle. Une femme‑monde, une femme‑lumière.
🌅 Fin d’étape au bord du lac
La journée s’achève à Caurel, à quelques kilomètres de Mûr‑de‑Bretagne, tout près du lac de Guerlédan. La chambre d’hôtes nous accueille comme un havre de calme. Ce soir‑là, le silence a le goût d’une belle fatigue.
Pentes et dénivelé
Montées : 289 m Descentes : 261 m Point le plus bas : 77 m Point le plus élevé : 212 m
🚴♀️🌿 Vélodyssée – Jour 4 : Mûr‑de‑Bretagne → Pontivy → Josselin (71 km)
Départ matinal de Caurel. Nous glissons d’abord sur la voie verte pour rejoindre Mûr‑de‑Bretagne, puis une longue descente en voie partagée nous dépose au pied du barrage de Guerlédan, massif, minéral, presque solennel. J’aime ces départs frais où le corps se réveille en même temps que le paysage.
Du barrage à Pontivy, le voyage devient une parenthèse enchantée : le chemin de halage du Canal de Nantes à Brest déroule son ruban tranquille dans le lit du Blavet, bordé d’une végétation foisonnante. Les arbres se penchent comme pour saluer les voyageurs, les eaux murmurent, les péniches sommeillent.
Après Pontivy, nous poursuivons au fil de l’eau, au rythme des 54 écluses qui s’égrènent jusqu’à Rohan, chacune avec son charme, son écluseur, son jardin, son histoire.
À quelques kilomètres de Rohan, petit détour pour une halte paisible à l’abbaye de Timadeuc, refuge de moines trappistes cisterciens. Silence, pierre blonde, hortensias somptueux devant la façade : une pause hors du temps, une photo évidente.
Puis, à l’arrivée sur Josselin, l’émerveillement est immédiat. La forteresse surgit, majestueuse, juchée sur son éperon rocheux dominant l’Oust. Côté pile : une façade Renaissance richement sculptée. Côté face : une puissante forteresse médiévale, ses trois tours rondes coiffées de toits coniques.
Installation à l’Hôtel du Château, juste en face de la forteresse. Le temps de déposer sacoches et vélos, une toilette rapide, un changement de tenue… et nous repartons pour la visite du château et de ses jardins. Le soir, dîner au restaurant de l’hôtel, avec vue directe sur la silhouette illuminée du château. Difficile de rêver plus belle récompense après 71 km.
🌳 Ambiance & sensations
- Nature généreuse : platanes, chênes, acacias, hêtres, châtaigniers… un festival d’essences.
- Chemin de halage roulant, confortable, idéal pour savourer le paysage.
- Ciel changeant, mais une météo globalement clémente.
- Vent ami, souvent dans le dos — le luxe du cyclotouriste.
Pentes et dénivelé
Montées : 172 m Descentes : 297 m Point le plus bas : 26 m Point le plus élevé : 168 m
🚴♀️ Vélodyssée – Jour 5 : Josselin → Peillac → Redon (65 km)
Encore une superbe journée au fil de l’eau. Ce matin, je me laisse porter par le canal, par les écluses, par les villages qui apparaissent comme des surprises au détour d’un méandre. L’étape a ce charme tranquille des jours où l’on se sent vraiment en voyage.
Depuis Josselin, nous suivons le Canal de Nantes à Brest, toujours fidèle compagnon de route. Halte à Malestroit, la Perle de l’Oust, avec ses ruelles médiévales, ses maisons à pans de bois et ses façades gothiques ou Renaissance ornées de gargouilles sculptées. Une petite merveille bretonne.
La vallée de l’Oust déroule ensuite ses ondulations douces, ses écluses animées, et ses bateaux de plaisance que l’on dépasse ou croise au rythme tranquille du canal. Les passages d’écluses restent une vraie attraction pour les cyclotouristes : on s’arrête, on regarde, on sourit.
Puis surgit le défilé de l’Île-aux-Pies, spectaculaire avec ses pins accrochés à la roche et son piton abrupt qui domine la vallée. Un décor presque alpin posé en Bretagne.
Derniers tours de roue jusqu’à Redon, carrefour de 7 vallées, à la rencontre de la Vilaine, de l’Oust et du canal. Une ville‑port où l’eau est partout. On y arrive avec la sensation d’avoir suivi un long fil bleu à travers la Bretagne.
Pentes et dénivelé
Montées : 106 m Descentes : 53 m Point le plus bas :0 m Point le plus élevé :42 m
🚴♀️ Vélodyssée – Jour 6 : Redon → Blain (48 km)
🌿 Étape entre marais, canal et bocage
Nous roulons tout près de la Brière, royaume d’herbes hautes et d’ailes furtives. Les oreilles aux aguets, les yeux en éveil : un héron qui décolle, un ragondin qui glisse, un canard qui raye l’eau d’un trait vif. Ici, le silence n’est jamais vide — il bruisse, il respire, il vit. C’est exactement pour ces instants‑là que j’aime voyager à vélo.
Le canal déroule son ruban tranquille. Méandres, bosquets, coteaux, haies bocagères… et parfois, surprise, une petite pinède qui parfume l’air juste avant l’écluse de Barel. La piste cyclable file, douce et régulière, comme si elle avait été pensée pour les jours où l’on veut simplement savourer.
Des tables de pique‑nique ponctuent le chemin, comme autant d’invitations à poser les vélos, à écouter l’eau, à laisser le temps s’étirer.
Puis vient Blain,son port calme, ses péniches assoupies. Et soudain, au détour d’un virage, surgit le château de la Groulaie, massif, médiéval, posé là comme un gardien de pierre au bord du canal. On s’y arrête, évidemment. On traverse ses salles, on imagine les siècles, les voix, les pas qui ont résonné sous ces voûtes.
Encore quelques tours de roue, et c’est l’arrivée à l’Escale Canal, havre du soir. On dépose les sacoches, on pose aussi la journée : elle était verte, calme, pleine d’eau, de pierre et de silence.
Pentes et dénivelé
Montées : 32 m Descentes : 20 m Point le plus bas : 0 m Point le plus élevé : 20 m
🚴♀️ Vélodyssée – Jour 7 : Blain → Nantes (61 km)
Arrivée en beauté pour cette dernière étape de la Vélodyssée avant la grande traversée vers Brest. La journée est fluide, roulante, lumineuse, comme un long ruban de verdure tendu jusqu’aux portes de Nantes. Je savoure chaque kilomètre, avec déjà un petit pincement au cœur : une première partie du voyage se termine.
🌿 Du Canal à l’Erdre : une transition en douceur
Depuis Blain, la voie verte déroule ses kilomètres paisibles le long du Canal de Nantes à Brest, toujours aussi agréable et parfaitement roulante. L’écluse n°2 de Quilheix marque un petit moment symbolique : la fin du chemin de halage. On quitte alors le canal pour une alternance charmante de petites routes rurales, de villages typiques et de voies vertes qui serpentent autour de Sucé‑sur‑Erdre.
Une piste cyclable bidirectionnelle en bordure de la RD 69 nous guide ensuite en toute sécurité vers l’agglomération nantaise. Le vélo glisse, les paysages changent, l’air devient plus urbain… et déjà Nantes se dessine.
🌈 Nantes en fête : une arrivée haute en couleurs
Nous atteignons Nantes en plein début de la Marche des Fiertés : une foule joyeuse, vibrante, arborant les couleurs arc‑en‑ciel 🏳️🌈, une énergie communicative qui donne à notre arrivée un parfum de célébration.
🚆 Fin de la Vélodyssée… et cap sur la suite
C’est ici que s’achève notre périple sur la Vélodyssée. Nous embarquons dans un TER Breizh direction Brest pour une journée de repos demain : pause vélo, visite de Brest, respiration.
Lundi, nous enfourcherons à nouveau nos montures pour la suite du voyage : quatre étapes sur la Littorale V45 pour remonter jusqu’à Roscoff. Une autre ambiance nous attend, plus maritime, plus ventée, plus finistérienne.
Pentes et dénivelé
Montées : 104 m Descentes : 105 m Point le plus bas :0 m Point le plus élevé : 41 m
Total Velodyssée de Roscoff à Nantes : 393, km en 7 jours
Total Montées 1428 m - Total Descentes 1340 m – Point le plus bas 0 m - Point le plus élevé 228 m
🚲 Parenthèse brestoise — une journée sans vélo avant la Littorale V45
Journée sans vélo, et elle fait du bien. Après sept jours de Vélodyssée, nous posons les sacoches et les jambes pour découvrir Brest avant de reprendre demain la route vers Roscoff, là où notre aventure a commencé.
Brest surprend toujours. Grand port ouvert sur l’Atlantique, ville brisée en 1944 puis réinventée, elle mêle aujourd’hui modernisme, néoclassicisme, art nouveau et art déco. Labellisée Ville d’art et d’histoire, elle cultive un dynamisme culturel permanent. Tournée vers l’avenir, fouettée par les embruns, Brest est une ville à la pointe, dans tous les sens du terme.
Ayant déjà visité le château et son musée de la Marine ainsi qu’Océanopolis, nous partons explorer des lieux plus discrets mais tout aussi essentiels à l’âme brestoise :
🏰 Tour Tanguy
Sentinelle de pierre posée sur la rive droite, elle veille depuis le XIVᵉ siècle sur la Penfeld. À l’intérieur, des maquettes et scènes anciennes racontent Brest avant les bombardements — une plongée émouvante dans la mémoire de la ville.
👩🎨 Fanny de L’Annonce et Jean Quéméneur
Ces deux figures populaires du quartier de Recouvrance incarnent l’esprit brestois : franc, chaleureux, un brin frondeur. Sculptés grandeur nature, ils semblent saluer les passants et rappeler la vie ouvrière et maritime d’autrefois.
🏚️ Rue Saint-Malo
Une parenthèse hors du temps. Miraculeusement épargnée en 1944, cette rue pavée bordée de maisons anciennes est un trésor de Recouvrance. On y marche comme dans un Brest disparu, préservé par l’association Vivre la Rue.
🛠️ Ateliers des Capucins
Ancien site industriel devenu immense espace culturel, c’est aujourd’hui le cœur battant de la ville : librairie, expositions, cafés, escalade, cinéma… Un lieu vivant, lumineux, où l’on sent l’énergie créative de Brest
🧊 Abri Sadi-Carnot
Refuge souterrain construit pendant la guerre, il offre aujourd’hui une visite saisissante. En cette journée caniculaire, nous y avons apprécié la fraîcheur… et le silence chargé d’histoire.
🚡 Téléphérique de Brest
Impossible de quitter Brest sans embarquer dans son téléphérique, lien aérien entre les deux rives. Une traversée suspendue au-dessus de la Penfeld, avec une vue imprenable sur la rade, les quais, les ponts et la ville reconstruite.
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🚲 La Littorale V45 - Jour 1– Brest →Le Conquet (35 km)
🚲✨ De Brest au Conquet, entre histoire, mer et lumière
En quittant Brest, je retrouve avec plaisir le mouvement familier du départ. La route déroule ses panoramas scéniques sur la rade, immense miroir de 180 km². Nous filons ensuite vers l’anse de Bertheaume, dominée par son fort façonné par Vauban, avant de rejoindre Plougonvelin.
Pause incontournable : la visite du musée Mémoire 39‑45, installée dans un ancien poste de commandement allemand. Une immersion passionnante dans l’histoire du Mur de l’Atlantique, avec la découverte de la batterie Graf Spee, perchée face à la mer.
La route reprend ensuite vers la côte… et la pointe Saint‑Mathieu se dévoile. Nous y faisons une halte photo devant le phare et les ruines de l’abbaye, baignés de lumière et de vent marin, avant de poursuivre notre chemin.
Le littoral devient alors plus sauvage, plus ouvert, et nous mène tranquillement jusqu’au Conquet, charmant port posé au bout du monde. Ce soir‑là, la mer semble respirer large et profond, et nous avec elle.
Pentes et dénivelé
Montées :231m - Descentes :236m -Point le plus bas :1m - Point le plus élevé :94m
🚲🌫️✨ La Littorale V45 - Jour 2 : Plouarzel → Lanildut → Saint‑Pabu → Landéda (80 km)
Une belle étape de 80 km, dense, vallonnée, iodée… et franchement costaude. C’est le genre de journée où l’on comprend très vite que la côte bretonne ne se contente pas d’être belle : elle se mérite.
Départ de Plouarzel sous un ciel gris perle, direction Lanildut pour une traversée pleine de charme à bord du canot de Phine la Passeuse. Quelques minutes sur l’eau, les vélos embarqués, et déjà l’impression de changer de monde.
Cap ensuite sur la route touristique de Landunvez, ce ruban suspendu au‑dessus de la mer. Ici, on roule comme sur l’eau, porté par les dunes panoramiques et le grondement de l’Atlantique.
À Saint‑Pabu, l’itinéraire quitte le littoral pour filer dans l’arrière‑pays : petites routes, vallons, fermes, senteurs d’herbe mouillée… jusqu’au pont de Tréglonou, qui enjambe l’aber dans un calme presque irréel.
Puis vient la partie sportive : alternance de routes et chemins à fortes pentes, ces petites bosses bretonnes qui ne paient pas de mine mais qui savent se faire respecter. Le vent s’invite partout — parfois ami, parfois adversaire.
Avant l’arrivée, ultime défi : la montée vers le Sémaphore de Landéda, perché sur un site exceptionnel dominant l’entrée de l’Aber‑Wrac’h. Un panorama qui efface la fatigue… ou presque.
Une étape forte en caractère, comme la côte bretonne sait les offrir : exigeante, changeante, superbe. Le soir, la fatigue est là, mais elle a ce goût salé des grandes journées dehors.
Pentes et dénivelé
Montées :382 m - Descentes :397 m - Point le plus bas :0 m - Point le plus élevé :59 m
🚲✨ La Littorale V45 – Jour 3 : Landéda → Plouguerneau → Brignogan‑Plage (55 km)
Le réveil se fait sous un ciel gris perle, avec une bruine légère qui se transforme en fine pluie. Les gouttes glissent sur nos lunettes et brouillent un paysage déjà nimbé de nuages. C’est une ambiance douce, presque ouatée, pour quitter Landéda, une de ces matinées où le Finistère parle à voix basse.
Depuis les premiers tours de roue, l’itinéraire alterne entre voies cyclables tranquilles et routes partagées à faible trafic. La mise en jambes est progressive jusqu’à Lannilis, où la circulation se densifie un peu. Après la montée vers le bourg, la route plonge vers le pont de Paluden : arrêt photo obligatoire, tout comme à la chapelle du Traon, même si la portion est étroite et demande vigilance.
Passée la chapelle, la route s’apaise. La mer se devine, puis s’impose en approchant Plouguerneau. La véloroute longe alors le trait de côte, offrant une succession de vues sur l’archipel de Lilia, les phares et le port de l’Aber Wrac’h. Le trafic est faible, la route agréable, la mer omniprésente.
Nous remontons ensuite vers le bourg avant de repartir sur la route des phares
- le phare de Lanvaon, posé au milieu des champs,
- puis, plus loin, la silhouette élancée du phare de l’Île Vierge, le plus haut d’Europe.
Le ciel s’éclaircit au fil des kilomètres, révélant chapelles, baies, plages et chaos granitiques. Point d’orgue : Meneham, ancien village de pêcheurs et de douaniers niché entre d’immenses rochers. Maisons de granit, toits de chaume, ateliers d’artisans, et ce panorama sur l’océan… un lieu suspendu.
Avant Brignogan‑Plage, nouvelle halte pour admirer le phare de Pontusval et la délicate chapelle Pol. Puis nous arrivons à l’Hôtel de la Mer, baignés de soleil, comme si la journée avait gardé sa plus belle lumière pour la fin.
Derniers tours de roues avant le dîner pour saluer le menhir de Men Marz — 8,50 m de verticalité brute — l’un des plus hauts de France.
Pentes et dénivelé
Montées : 136 m - Descentes : 147 m - Point le plus bas : 0 m - Point le plus élevé : 61m
🌊 🚲La Littorale V45 - Jour 4 : Brignogan-Plages → Plouescat → Roscoff (56 km)
Boucler la boucle, retrouver Roscoff
Dernière étape d’itinérance, dernier ruban de route avant de rejoindre Roscoff, là où tout a commencé il y a douze jours. Nous partons dans une brume légère, comme un voile posé sur la mer. Le calme du matin accompagne nos premiers tours de roues, et je sens déjà monter cette émotion particulière des fins de voyage.
Depuis Brignogan, nous suivons la route des légendes, longeant les plages de sable clair jusqu’à Plounéour-Trez, où l’élégante église Saint‑Pierre — joyau du XIXᵉ siècle du Nord‑Finistère — nous arrête net. Photos obligées, tant elle se dresse fièrement au cœur du bourg.
Plus loin, la véloroute nous guide vers Goulven, dominée par son clocher monumental, véritable sentinelle tournée vers l’océan. Du haut de ses 58 mètres, il veille sur la baie, sur les terres, sur les voyageurs de passage.
Au fil des kilomètres, le ciel se déchire, se nuance, s’ouvre. Le bleu gagne du terrain, la lumière s’installe, révélant une palette infinie de paysages : criques secrètes, anses paisibles, chaos granitiques sculptés par les vents, champs cultivés, villages de pierre… Une Bretagne authentique, brute, changeante, magnifique.
Et puis, soudain, Roscoff apparaît. La silhouette de l’île de Batz se découpe à l’horizon. La boucle est bouclée. Le voyage se referme là où il s’était ouvert, avec la même émotion, la même joie simple d’être sur la route, portée par le vent et la mer.
Pentes et dénivelé de l’étape
Montées : 170 m - Descentes : 157 m - Point le plus bas : 2 m - Point le plus élevé : 46 m
Total Littorale V45 de Brest à Roscoff : 226 km en 4 jours
Pente et dénivelé total
Total Montées 919 m - Total Descentes 937 m – Point le plus bas 0 m - Point le plus élevé 94 m
Récapitulatif du voyage
Grande boucle bretonne :
🚲Roscoff → Nantes🚆 → 🚲Brest → Roscoff
Total parcouru : environ 619 km
Deux ambiances : la douceur intérieure de la Vélodyssée, puis le caractère maritime de la Littorale V45
Moments forts : Roscoff, Morlaix, le canal de Nantes à Brest, Bon Repos, Josselin, Redon, Nantes, Brest, la pointe Saint‑Mathieu, les abers, Meneham et le retour à Roscoff
Ce que j’en retiens : une Bretagne à la fois intime et grandiose, idéale pour celles et ceux qui aiment voyager lentement, sacoches au vent.
Ce que la route laisse en nous
De Roscoff à Nantes, puis de Brest à Roscoff, nous n’avons pas seulement suivi un itinéraire cyclable : nous avons traversé une Bretagne multiple, intérieure et maritime, douce et exigeante, secrète et lumineuse. Les chemins de halage, les écluses, les abbayes, les ports, les phares et les villages de pierre ont composé jour après jour une mosaïque de paysages et de souvenirs.
Il y eut la pluie, la boue, les montées qui piquent les jambes, le vent parfois contraire ; mais il y eut surtout les éclaircies retrouvées, les pauses au bord de l’eau, les repas réconfortants, les arrivées heureuses et cette complicité silencieuse que le vélo tisse entre compagnons de route.
En retrouvant Roscoff, j’ai eu le sentiment d’avoir avancé exactement comme j’aime voyager : à notre rythme, au plus près des paysages, avec le temps de regarder, de sentir, de s’arrêter. Cette grande boucle bretonne s’achève, mais elle laisse derrière elle le goût du grand air, la mémoire des lumières changeantes, et déjà cette petite envie familière : repartir, un jour, vers une nouvelle ligne d’horizon.