Escapades bretonnes à vélo et au fil de l’eau
Du 13 au 18 juillet, entre Riec-sur-Bélon, Concarneau et Lorient
Au fil du temps, la Bretagne n’a cessé de charmer celles et ceux qui la découvrent, avec ses paysages indomptés, ses villages pleins de caractère et ses rivages baignés d’une lumière toujours changeante. Ce carnet retrace une échappée estivale à vélo, cadencée par les marées, à travers le Finistère sud, de Riec-sur-Bélon à Lorient en passant par Concarneau. Entre sentiers côtiers, forêts secrètes et ports animés, ces pages dévoilent les découvertes du jour, les rencontres inattendues et tous ces petits plaisirs simples qui façonnent la mémoire d’un été. Puisse ce récit inviter à l’aventure, à la contemplation et à savourer la Bretagne autrement, porté par le souffle du vent, le rythme du vélo et l’esprit de curiosité.
Dimanche 13 juillet
Ce matin, départ du gîte à Riec-sur-Bélon, prêts pour une aventure à bicyclette sur les routes du Finistère sud. Premier cap vers Pont-Aven, la cité des peintres, où la lumière et les couleurs semblent vibrer au rythme de l’Aven. Quelques coups de pédale suffisent pour s’imprégner de cette ambiance artistique, avant de savourer une pause et de planifier l’après-midi.
La route s’étire ensuite jusqu’au Pouldu, via Doëlan, longeant la véloroute littorale. Les paysages défilent : champs ondulants, forêt majestueuse du côté de Moëlon, puis routes paisibles où seules résonnent les roues : à chaque tournant, la magie de la Bretagne opère. Au Pouldu, les plages s’offrent à perte de vue, bordées de dunes sauvages. Le décor invite à la pause, face à la mer, pour savourer l’instant. Sur le chemin du retour, quelques gouttes légères nous rappellent la complicité du ciel breton, ponctuant une journée bien remplie.
Distance parcourue : 60 km
Lundi 14 juillet
Au réveil, la pluie s’est invitée, mais le soleil finit par percer, nous offrant la promesse d’une nouvelle escapade. Direction la chapelle Saint-Léger, nichée au cœur de la verdure. Là, le calme de la ria du Bélon invite à la contemplation.
L’après-midi, nous filons à travers la campagne, guidés par les senteurs d’été et l’air iodé, jusqu’à la plage de Kerfany-les-Pins. Cette jolie crique, entourée de pins et de falaises, dévoile un panorama saisissant. La journée s’achève au port du Bélon, sur la rive gauche de la ria, alors que le ciel joue entre éclaircies et bourrasques, fidèle à la Bretagne dans toute sa splendeur.
Distances parcourues : 52 km
Mardi 15 juillet
Échappée belle en direction de Concarneau, le long de la véloroute Littorale V5. Le ruban d’asphalte serpente entre grèves et baies lumineuses, reliant ports et plages. Les arrêts photo s’imposent au moulin à marée du Hénan et à la pointe de Trévignan. À Trégunc, la voie verte nous offre 1,5 km de sérénité avant d’arriver à Lanriec, porte d’entrée de Concarneau.
Pause pique-nique face aux remparts de la ville close, puis mini-traversée en bac pour découvrir les ruelles chargées d’histoire. Le retour est ponctué de détours bucoliques, par les chaumières de Kerascoët et la chapelle Notre-Dame de la Clarté, jusqu’à la plage et au port de Port-Manec’h. La soirée s’étire à Pont-Aven, autour d’un dîner en terrasse, face au port illuminé, avant le dernier coup de pédale vers le gîte. Les hortensias, omniprésents, harmonisent le paysage de leurs nuances pastel – un vrai tableau vivant du Finistère Sud.
Distance parcourue : 85 km
Mercredi 16 juillet
Après la longue escapade de la veille, la matinée est placée sous le signe du repos, bien mérité après les 80 kilomètres parcourus. L'après-midi voit le ciel lentement s’ouvrir, dévoilant une lumière douce et chaleureuse. Nous enfourchons nos vélos pour rejoindre le port du Bélon, rive droite, et savourer ses fameuses huîtres plates, tout juste dévoilées par la marée basse. Les parcs ostréicoles s’étendent à perte de vue, dessinant un tableau vivant.
La balade se poursuit jusqu’au port de Rosbras, d'où l'on distingue, à l’horizon, la plage de Port-Manec’h visitée la veille, nichée au bout de la ria de l’Aven. Une halte captivante nous permet de lire les panneaux qui racontent la vie des pêcheurs d’antan, avant de reprendre notre chemin à travers une campagne paisible bordant la ria.
Arrêt photo à la chapelle de Trémor, avant de rejoindre Pont-Aven pour la visite du musée dédié aux artistes de l’Ecole de Pont-Aven, dont Paul Gauguin est l’illustre représentant. Après cette immersion artistique, nous flanons dans les ruelles, admirant les vitrines des galeries et ateliers qui mettent en lumière les œuvres d’artistes contemporains.
De retour au gîte à Gore-Lanneguy, nous avons clôturé cette belle journée par une escapade festive au port de Merien. Là, au rythme entraînant d’un groupe de musique bretonne, les convives se sont rassemblés pour danser et festoyer autour d’un menu alléchant : cochon grillé, gratin, gâteau breton, crêpes et cidre coulant à flots.
Distance parcourue : 26 km
Jeudi 17 juillet
Ce matin, nouvelle échappée vers Pont-Aven, où nous embarquons à bord du « Paul Gauguin » pour une balade commentée sur les rias de l’Aven et du Bélon. Les rivages défilent, parsemés de petits ports et criques, baignés d’un ciel bleu ponctué de nuages blancs. L’après-midi, nous pédalons vers le port de Brigneau, puis grimpons à vélo jusqu’à Malachappe pour admirer l’océan qui s’étend à l’infini. La boucle passe par Merrien avant de regagner Riec-sur-Bélon.
À peine le temps d’une halte, nous prenons la voiture pour filer vers Clohars-Carnoët afin d’assister sur l’esplanade du Pouldu au concert de clôture du festival « Un été en France ». Au bord de la mer, Gautier Capuçon et de jeunes musiciens livrent un programme émouvant, des airs classiques aux musiques de film, devant un public conquis, sous la lumière dorée du soir.
Distance parcourue : 53 km
Vendredi 18 juillet
Aujourd’hui, les vélos restent au repos : cap sur Lorient pour une plongée dans l’histoire maritime. La silhouette massive du bloc K3 de la base de sous-marins, forteresse de béton de la Seconde Guerre mondiale, domine le port. À l’intérieur, les alvéoles rappellent l’époque des U-Boote et la tension des affrontements navals.
La visite se prolonge à bord du sous-marin Flore-S645, vestige de la Marine nationale et témoin silencieux de la guerre froide. Les couloirs étroits, la vie spartiate des sous-mariniers, tout invite à la réflexion. De retour sur les quais, contraste saisissant : les voiliers de course, géants d’acier et de carbone, se préparent à la Cité de la Voile Éric Tabarly, où règnent effervescence et précision.
Une journée sans vélo mais riche en émotions, entre mémoire et rêve d’aventure. Demain, la route du retour s’annonce, mais ce soir, l’imaginaire vogue encore, porté par la brise bretonne.
Ce séjour, ponctué de découvertes artistiques, de balades bucoliques et d’escapades maritimes, laisse des souvenirs lumineux. Entre paysages bretons empreints de poésie, musiques festives, rencontres chaleureuses et immersion dans le patrimoine, l’aventure fut riche, rythmée et vibrante. Déjà s’esquisse le désir de revenir explorer ce coin de Bretagne, où chaque détour promet de nouvelles émotions et des instants à savourer, ensemble.